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Cécile Louise Stéphanie Chaminade (Paris 1857 – Monte Carlo 1944). Qui était-elle… Il est difficile aujourd’hui de connaître vraiment Cécile Chaminade et son œuvre, même en se servant d’une grande encyclopédie musicale. Peu d’informations en français sont disponibles, la littérature en anglais étant un peu plus nombreuse, malgré son extraordinaire popularité internationale à la fin du XIX siècle, comme en témoigne les critiques pleines d’admiration de Saint-Saëns, Chabrier et Bizet. Elle fut l’une des rares femmes compositrices de son temps à accéder à une telle notoriété. Cécile Chaminade fut aussi la première femme compositrice à recevoir la Légion d’honneur en 1913. Les mélodies de Cécile Chaminade étaient souvent interprétées par les plus grandes divas de l’époque, comme Emma Albani, Adelina Patti, Lillian Nordica, Emma Calvé et Nelly Melba. Ses œuvres pour voix masculine étaient non moins souvent interprétées, par exemple par John McCormack, un fameux ténor Irlandais, qui incluait une chanson de Chaminade dans le programme de chacun de ses concerts à partir de 1925. Une des raisons de la désaffection pour les œuvres de Cécile Chaminade après sa mort fut sans aucun doute la naissance, au 20ème siècle, du modernisme et de la musique contemporaine. Les auteurs du post-romantisme français ont été éclipsés par ce nouveau courant musical. Le style des compositions de Cheminade présente une clarté de forme à la ligne mélodique développée, ressemblant un peu à Mendelssohn et à Schumann, mais avec des sonorités et des harmonies originales. Dans ses morceaux dominent des contrastes dynamiques et des rythmes originaux bien accentués. Il y règne en général un climat dramatique avec une dose de mélancolie. La compositrice avait toujours un penchant pour des pièces courtes, mais avec une grande portée émotionnelle. |
La Biographie :
Cécile Chaminade était une pianiste et compositrice française née en 1857 à Paris, dans une grande famille bourgeoise. Elle était ce qu’on appelle « l’enfant prodigue ». Depuis sa tendre enfance Cécile montrait des dons extraordinaires pour la musique.
Ses premières compositions datent de l’âge de 8 ans. Ainsi, lors de la cérémonie de sa première communion sa composition « O Salutaris » fut exécutée. Bizet, qui était un hôte habituel de la maison de ses parents, l’appelait « le petit Mozart ». C’est grâce à lui d’ailleurs, qu’il lui fut permis de suivre des études musicales (à la maison !). Le père de Cécile gardait une position inflexible en disant : "Dans la bourgeoisie, les filles sont destinées à être épouses et mères" … Heureusement, à force de persuasion, il a accordé à sa fille ce petit écart et dans le calme de la maison familiale elle pouvait profiter du programme complet du Conservatoire qui lui était enseigné par les meilleurs professeurs de l’époque, notamment le cours de composition de Benjamin Godard. Parfois, profitant des voyages d’affaires de son père, elle réussissait à se produire en concerts à la salle Pleyel ou sur d’autres scènes de prestige. Après la mort de son père elle se consacre enfin entièrement à sa passion – la musique. Jusqu’à la fin de ses jours elle restera célibataire et indépendante, gagnant sa vie grâce aux concerts qu’elle donne.
A côté de cette carrière de concertiste, elle se consacre à la composition. Son œuvre la plus connue reste le Concertino pour flûte écrit sur commande du Conservatoire de Paris. Elle nous laisse, cependant, 125 mélodies, plus de 200 petites pièces pour piano, un opéra comique « La Sevillane » et le ballet « Callirhoe ».
Elle est morte en 1944 à Monte Carlo dans la solitude et l’infirmité. Sa vie, si riche en événements, si colorée et active, pleine de voyages et de concerts, s’est pratiquement terminée pendant la première guerre mondiale alors qu’elle se consacrait entièrement aux soins de soldats malades dans un hôpital londonien. A la suite d’une infection, elle dut être amputée d’un pied et s’est trouvée écartée de la vie publique.
Elle est tombée dans l’oubli, comme la plupart des femmes de son époque.
Le projet d’enregistrement
Le choix thématique de la compositrice Cécile Chaminade, sa sortie de l’oubli ne sont pas une œuvre du hasard. Monika Del Rio, comme pianiste, a déjà accompagné le Concertino pour flûte, en se laissant emporter (après un court moment d’hésitation et d’incrédulité) par la fascination face à cette œuvre et ses valeurs sonores. Quelques années plus tard une rencontre à Bruxelles, entre les deux camarades de la même école de Varsovie, entre la pianiste concertiste Monika Del Rio et la cantatrice de renommée mondiale Aga Winska, va se révéler décisive. Aga Winska va lui faire connaître les mélodies de Cécile Chaminade. Toute les deux, émerveillées par cette musique étrange, décident de la faire connaître au grand public.
L’année 2007 était l’anniversaire des 150 ans de la naissance de Cécile Chaminade. Pourtant seul un nombre très restreint de concerts et quelques enregistrements épars viennent saluer sa mémoire. Ses œuvres lyriques restent quasi absentes du répertoire gravé sur CD.
Ressentant cette situation comme une grande injustice envers ces compositions de valeurs, les deux musiciennes – Monika Del Rio et Aga Winska - ont décidé de combler cette absence et de consacrer un récital à la mémoire de cette artiste. De cette façon toutes les deux espèrent populariser le personnage de Cécile Chaminade et de permettre au public de connaître cette musique inconnue.